« Passons sur l’autre rive »

Voilà l’une des paroles les plus accessibles et les plus symboliques du Christ dans son enseignement. Nous avons tous des lacs à traverser (le bac, l’éducation des enfants, un déménagement, une épreuve…). La question spirituelle est la suivante : « Savons-nous que Jésus est embarqué avec nous » ?
La différence entre le croyant et le non croyant est là : Pour ramer dans les difficultés de la vie, nous croyons que Jésus est avec nous. Le non croyant rame seul ! Jésus n’a pas dit à ses disciples « passez », mais « passons ». Et s’il reste discret, voire absent des évènements, c’est parce qu’il a choisi de se reposer : « Lui dormait » ! Il dort parce qu’il se repose sur ceux en qui Il a mis sa confiance. Il se repose pour que les hommes apprennent à diriger leur vie dans sa confiance. Il fait confiance en ceux à qui il confie une barque, une vie, une famille, une communauté, un engagement. Ce que nous appelons « la foi » est notre réponse à cette Confiance inouïe car disproportionnée. Qui peut résister aux tempêtes ?
L’Evangile nous dit qu’il y a des tempêtes qui font couler. Mais si nous faisons appel à Celui qui est plus fort que ce mal et qui s’est embarqué avec nous, nous serons sauvés ! Le Christ parle au vent comme il parlera à la mort « silence, tais-toi ». Et le calme se fait.
Cette expérience est baptismale. L’Eglise est ici baptisée dans le sommeil (la mort) et le réveil (Résurrection) du Christ. Comme chacun de nous l’est. Vivre, c’est Lui faire confiance.


Père Philippe Marsset

Evangile du jour : Marc 4, 35-41

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LA TRINITE, ACTE ETERNEL D’AIMER

Feuilletez tout le Nouveau Testament, vous n’y trouverez pas le mot « Trinité ». Il a fallu bien du temps, il a fallu attendre le 3ème siècle, pour que les communautés chrétiennes et les théologiens de l’époque inventent ce mot pour essayer de rendre compte du mystère de Dieu. Parler de mystère, c’est dire que Dieu est infiniment plus grand, dépasse absolument toutes les idées qu’on peut se faire pour penser à lui. Ou plus précisément que témoigner de Dieu est d’un autre ordre que celui de la réflexion intellectuelle (même si celle-ci peut y trouver sa place).
On ne peut être introduit dans ce mystère de Dieu que par une expérience profonde de ce qu’est l’amour. Pour cela il nous faut d’abord regarder et contempler l’expérience qui fut celle de Jésus. Il emploie peu souvent le mot de « Dieu ». Pour en parler il dit « le Père », ou mieux encore « mon Père », en ajoutant parfois « et votre Père ». Jésus manifeste ainsi qu’il est « le Fils ». Tout ce qu’il est, il le reçoit du Père. « Celui qui m’a vu a vu le Père… Je suis dans le Père et le Père est en moi » (Jn 14,9-10). Le Père aime le Fils et le Fils aime le Père. « Le Père m’a aimé… j’ai gardé fidèlement les commandements de mon Père et je demeure dans son amour » (Jn 15,9 & 10). « Dieu est amour » (1 Jn 4,8), Dieu est acte éternel d’aimer, de donner, de se donner. Cet acte, ce don réciproque entre le Père et le Fils, est leur vie, leur souffle, l’Esprit, l’Esprit Saint.
Tout « cela » Jésus l’a « traduit » dans son existence humaine. Chaque fois, entre autres, qu’il était sur « la montagne ». Pour résister au tentateur : « C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, c’est lui seul que tu adoreras » (Mt 4,10). Pour instruire la foule et ses disciples : « Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux » (Mt 5,3). Pour prier après la première multiplication des pains (Mt 14,23). Pour nourrir (deuxième multiplication des pains) la foule : « J’ai pitié de cette foule » (Mt 15,32). Au moment de la Transfiguration : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour… » (Mt 17,5). Surtout Jésus l’a manifesté jusqu’à l’extrême dans sa mort sur la croix dont il a fait un acte d’amour – « Père, entre tes mains je remets mon e(E)sprit » (Lc 23,46) – donc, pour lui, un acte de vie, de sa vie, qui ne pouvait déboucher que sur la vie, la Résurrection. Jésus nous emporte dans cette vie, cet Esprit, cet amour, dans ce don total de lui-même au Père – « Vous connaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous » (Jn 14,20).
Notre vie de croyants, de chrétiens, de disciples du Christ est donc comme la sienne, dans l’Esprit. « L’Esprit que vous avez reçu fait de vous des fils ; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l’appelant : ‘Abba !’ » (Rm 8, 14). La Trinité, pas une construction intellectuelle, mais l’identité même du Dieu vivant.

Père Philippe MAIRE


Evangile du jour : Matthieu 28, 16-20

19:31 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

La Pentecôte est le temps de la Confirmation.

La confirmation, au sens sacramentel, nous donne une mémoire et une maturité spirituelles. L’Esprit Saint nous fait exister dans ces deux relations : au Père et aux hommes : Il nous donne la mémoire de Dieu (nous ne sommes pas des êtres anonymes, l’Esprit nous fait appeler Dieu « Abba ») et Il nous donne une maturité pour vivre dans la foi, dans l'amour au milieu de nos frères. L’Esprit nous fait ainsi demeurer dans la famille de Jésus, le Fils Bien-aimé du Père en faisant de nous des adultes dans la foi. C’est cette confirmation là que reçoivent à Notre Dame de Paris, 13 adultes de notre paroisse au milieu de 200 autres Parisiens.

La Pentecôte est aussi le temps de la confirmation de la mission de l’Eglise. Petite Eglise de Jérusalem devenue grande Eglise mondiale, elle est donnée au monde comme lieu de témoignage du Christ Ressuscité. A Jérusalem, l’Eglise reçoit sa vocation d’être le Buisson Ardent de la présence de Dieu (avec ses flammes qui reposent sur chacun). L’Eglise actualise la Présence du Ressuscité. En elle se cache la vie de l’Esprit qui dit Dieu, son Fils et sa victoire sur le mal et la mort. En elle réside la vie sacramentelle qui nous donne le Christ.

La Pentecôte est aussi le temps où nous nous rappelons notre origine divine. Dieu nous a créés à son image (Genèse) et cette image de Dieu en nous, c’est ce souffle (Ruah) qui nous identifie et nous distingue de tout le reste de la création. Ce Souffle (st Jean dira qu’il est vent et qu’il souffle où il veut) est la grâce de pouvoir prier et parler à Dieu. Aucun animal ne reçoit cette mission, c’est la nôtre : parler à Dieu (prier) et bien parler de Dieu. Et c’est l’œuvre de l’Esprit en nous. Avoir une vie spirituelle chrétienne, c’est laisser cette œuvre se déployer en nous, dans le mystère de l’Eglise.

« Oui je vous confirme, nous avons bien une sacrée Présence d’Esprit en nous ».


Père Philippe Marsset



Evangile du jour : Jean 15, 26-27 ; 16, 12-15

19:00 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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« Père saint, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom que tu m’as donné en partage, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes… Consacre-les par la vérité : ta parole est vérité. »

Jésus prie son Père de nous garder dans la fidélité à son nom !

Une fidélité qui nous place dans une communion filiale avec Dieu, communion en vérité de l’Amour et de la charité, communion dont l’Eglise expose le reflet au monde.

Afin d’être consacrés dans cette vérité, il nous faut le don de l’Esprit Saint. Entre Ascension et Pentecôte notre prière peut se faire insistante auprès de Dieu. Qu’il fasse surgir sur nous une nouvelle Pentecôte pour que nous soyons toujours plus habités par l’Esprit de sainteté.

« Nous reconnaissons que nous demeurons en lui, et lui en nous, à ce qu’il nous donne part à son Esprit. »

Il s’agit de recevoir cet Esprit qui unit le Père au Fils et le Fils au Père dans une relation unique de communion, sans confusion ni distance. Le feu de l’Esprit Saint irradiait déjà le visage du Christ sur le Thabor comme au matin de Pâques ! Ce don de l’Esprit Saint ne nous sépare pas du monde mais nous introduit dans un rapport renouvelé avec lui, osons dire transfiguré ! La nomination de Dieu en Jésus Christ nous fait reconnaître en lui la source de tout amour et de tout engagement véritable.

Le risque serait de vouloir rester dans un cocon chaud, un entre-nous cotonneux où le monde nous devient extérieur et étranger. En suivant le Christ dans la lumière de sa Pâque, nous sommes appelés à reconnaître la vérité de ce que nous sommes, enfants du Père. Non pas une vérité subordonnée à nous-mêmes ou à nos propres capacités, mais à la vérité même de Dieu manifestée en son Fils.

Quelle est cette vérité ?

Dieu est amour ! Rien de moins ! Le don de l’Esprit Saint nous établit ainsi dans une élection divine pour devenir apôtre, disciple bien-aimé du Christ invité à témoigner de la Bonne Nouvelle du Salut autour de nous.

« De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me consacre moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, consacrés par la vérité. »

Père Olivier PRAUD

 

Evangile du jour : Jean 17, 11b-19

19:17 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Le grand commandement

A l’heure où Jésus passait de son monde à son Père, il laissait à ses disciples l’héritage promis. Il était venu dans le monde pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance… Quelques heures avant de vivre son mystère pascal, le Christ ne nous donne pas 613, même pas seulement 10, mais un seul : celui qui dit toute sa vie : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». La loi de Moïse demandait d’aimer son prochain comme soi-même. Ce premier devoir dans l’amour était déjà pour l’homme une vraie révolution. Il fallait commencer d’abord par s’aimer soi-même pour pouvoir aimer son prochain au moins aussi bien. Jésus lui est plus exigeant, car l’amour est exigeant. La mesure de l’amour n’est plus moi-même, mais le Christ lui-même. Quel défi ! Aimer mon prochain comme le Christ nous a aimés tous les deux !
L’amour que le Christ a pour chacun de nous s’atteste dans sa mort et sa résurrection : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ».  Aimer va jusque-là. Il n’a pas dit comme un romantique : « es-tu prêt à donner ta vie pour celui que tu aimes ? ». L’amour ne se suffit d’un « être prêt », il exige le don car il n’est que don. Sommes-nous capables d’aimer au point de nous donner à ceux que nous aimons, ou que nous sommes appelés à aimer ?
Cette question se trouve aujourd’hui au cœur de notre vie. Et en cette saison, où les mariages vont se faire de plus en plus nombreux, en ces jours où nous célébrons les premières communions, les professions de foi et les confirmations, en ce dimanche où nous célébrons l’eucharistie, nous recevons jour après jour, la force de l’Esprit pour entrer plus profondément dans cette loi de l’amour. Dans la joie de ce temps pascal qui durera jusqu’à ce que le Seigneur vienne, aimons avec courage et persévérance dans la force de Dieu.

Père Sylvain BRISON


Evangile du jour : Jean 15, 9-17

19:00 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments.

Dommage qu’à Paris les dernières vignes ne poussent que sur la colline de Montmartre et non sur celle de Montrouge ! Nous aurions pu regarder et apprendre ensemble comment se cultive et croît le Royaume de Dieu ! A défaut, lisons et méditons le 4ème Evangile.

Le Seigneur Jésus insiste sur le fait d’être branchés à lui, condition sine qua non de la possibilité de notre foi. Et également condition ultime d’existence de l’Eglise : non pas sa survie, mais bien sa croissance et son développement. C’est à ce prix que nous donnons des fruits, de beaux fruits. Ceux que nous appelons « néophytes », les baptisés de Pâques, l’attestent. Leur présence rayonnante au sein de nos communautés est un motif légitime de joie, de fierté et d’espérance.

N’ayons pas peur de profiter des 50 jours que nous confie la liturgie pour célébrer dignement et largement la fête pascale. Ne réduisons pas le temps du Ressuscité à deux semaines de congés scolaires !

Oui, nous appartenons à une Eglise toujours en croissance. Elle est vivante, animée par l’Esprit du Dieu vivant, et c’est pourquoi elle n’échappe pas aux crises de croissance. L’arrivée de Paul, le persécuteur converti, dans la jeune communauté de Jérusalem vient nous le rappeler. Le Père, vigneron patient et aimant, émonde et soigne en temps voulu, afin que la vigne produise en abondance, pour la gloire de Dieu et le salut des hommes.



Emmanuel FONTAINE, diacre.


Evangile du jour : Jean 15, 1-8

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« JE SUIS LE BON PASTEUR »

« Je suis » : dans cette parole Moïse avait accueilli le nom de Dieu au moment de la rencontre du buisson ardent. Jésus reprend souvent cette expression dans l’Evangile. « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » - « Je suis la Résurrection ». Aujourd’hui : « Je suis le Bon Pasteur ». Ainsi, au travers de ces différentes paroles, Jésus nous dévoile comment il traduit concrètement dans son expérience humaine qui il est, « Je suis », vrai Dieu.
« Je suis le Bon Pasteur… et le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis. » Le dévouement du Bon Pasteur va jusqu’à la mort. Il tient à ses brebis plus qu’à sa propre vie, contrairement aux bergers mercenaires. Cela n’est compréhensible que dans l’ordre de la grâce où le pasteur connaît ses brebis et les brebis connaissent le pasteur, comme le Père connaît le Fils et le Fils connaît le Père. Cette connaissance réciproque est élevée au niveau de l’amour trinitaire absolu, elle n’est possible que dans l’Esprit Saint. Le don de la vie pour les brebis et la connaissance réciproque ne sont donc pas juxtaposés mais intrinsèquement liés l’un à l’autre. Cette connaissance est amour, don, abandon réciproque. Jésus aime les siens, se donne à eux, s’abandonne entre leurs mains. Ce qui implique de la part de ceux-ci – nous – qu’ils s’abandonnent à lui.
L’eucharistie réalise pour aujourd’hui et pour tous les temps cette « connaissance » réciproque. « Prenez et mangez-en tous, ceci est mon corps livré pour vous – Prenez et buvez-en tous car ceci est la coupe de mon sang… versé pour vous et pour la multitude… » - « Nous te demandons qu’en ayant part au corps et au sang du Christ, nous soyons rassemblés par l’Esprit Saint en un seul corps », dit autrement : un seul troupeau.
L’existence de celui-ci est déjà inaugurée par le rassemblement de tous les baptisés, non pas comme des objets anonymes et remplaçables, mais chacun avec sa personnalité singulière, humaine, spirituelle et sacramentelle. Quelques-uns (les religieux et les religieuses) y sont appelés pour vivre d’une façon radicale et significative cette « connaissance réciproque » que tous ont vocation à vivre. D’autres (les ministres ordonnés, évêques, prêtres et diacres) y sont appelés pour rendre visible et contemporaine la place du Bon Pasteur. Tous, ensemble, ont mission de faire entendre la voix du seul pasteur afin qu’il puisse conduire aussi « les brebis qui ne sont pas de la bergerie ». En cette journée des vocations nous prions pour que chacun entende et réponde à l’appel du Seigneur qui lui est propre.
Père Philippe MAIRE           

Evangile du jour : Jean  10,11-18

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" Dominus vobiscum... Dona nobis pacem"

Ce qui nous est donné à méditer ce jour est autant d'une portée théologique qu'une description historique.

Le bonheur n'est pas un concept abstrait, la vie n'est pas une théorie spéculative. L'évangile donc ne se veut pas un langage intellectuel mais une annonce ouvrant sur la joie et la paix. Le Christ commence par souhaiter la paix lorsqu'Il est au milieu des siens, car ils se partagent entre peur et joie tant ils n'osent y croire. Tant aux voyageurs d'Emmaüs qu'aux apôtres enfermés par crainte, Il propose et offre la paix afin que leur joie soit parfaite.

En quelles circonstances les hommes peuvent-ils être réunis dans la joie, sinon lorsqu'ils sont rassemblés dans la paix pour un repas, autour d'une table ? Ce fut

C'est par ce pain consacré que nous savons qu'Il est là. C'est ce pain que nous touchons, vrai Corps qu'il proposa à Thomas de toucher.

Telle est la folie de l'amour de notre Dieu dont nous devons être les témoins dans le monde.


Père Jean-Charles BARBOURE

 

Evangile du jour : Luc 24, 35-48

19:00 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Deux célébrations en une

Avec la bénédiction des Rameaux, nous entendons en fait deux récits de l’Evangile : l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, puis le long récit de sa Passion. Quel sens donné à cette double mémoire ?
Les rameaux symbolisent le bois vert, le bois toujours vert. Il est le signe qu’au-delà du bois de la mort, du bois de la croix, Celui que Jérusalem acclame sera vainqueur de la mort. Au moment des évènements eux-mêmes, personne ne le sait, mais c’est une prophétie et pour nous aujourd’hui, une liturgie de l’espérance : nous entrons dans la semaine Sainte et toute sa geste dramatique. Nous suivons le Christ, vaincu et vainqueur.
Il n’y a pas de vie qui ne traverse le mal et la mort. Le christianisme est la religion qui célèbre cette traversée par Dieu Lui-même en son Fils. Nos vies marquées par la souffrance et le mal sont le lieu où le Christ Jésus vient poser sa force de Vainqueur, son espérance et sa foi inébranlables en son Père. Le lieu de nos tentations de désespérer est le lieu que le Fils vient habiter du mystère de sa Personne !
En réunissant ces deux moments en une seule liturgie, l’Eglise nous demande de ne pas désunir ce que Jésus unit : la mort et la Résurrection. Le mal et le salut. La souffrance et l’espérance. La question du sens et le mystère de la vie humaine.
Recevons ces paroles et ce récit avec tout ce que nous vivons ou subissons de la vie ou de l’actualité : De toutes ces paroles, laquelle est pour moi, aujourd'hui, dans ce que je vis ?
Comment ce récit saisit-il mes souffrances, mes peurs, pour les traîner jusqu'à la Croix du Fils Bien-Aimé ?
Comment saisit-il ma pauvre foi pour la glisser dans cette parole : « Vraiment cet homme était Fils de Dieu » ?
Comment saisit-il mes fragilités d’homme pour les enfouir dans cet acte sauveur du Fils de Dieu ?

Père Philippe Marsset

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« Quelle heure est-il ?»

« L’heure est venue pour le Fils de l’homme d’être glorifié. »
À la demande de quelques grecs sympathisants à la foi juive qui se demandent s’il n’est pas le Messie tant espéré, Jésus répond par un chemin détourné. À nos désirs intérieurs de voir Jésus, il nous est donné de méditer l’image d’un grain de blé qui tombe en terre pour porter du fruit.
De Cana jusqu’à Jérusalem, le Christ s’est donné à contempler à tous ceux qui l’ont approché. Peu ont saisi sa véritable identité. Malgré les signes et les paroles, malgré les gestes de Salut et les Paroles de vie, même les disciples n’ont pas compris qui Il était, d’où Il venait, quelle était sa mission.
L’heure de la Croix est venue. L’heure de la gloire ?
« Si vous attendez un messie guerrier et politique, vous serez déçus, je ne suis pas ce Messie là, je ne suis pas davantage un Messie populaire, acclamé par les foules… Je suis comme le grain de blé : pour porter du fruit, je dois disparaître en terre et accepter de mourir… Je suis le Messie qui doit mourir…»
Il est l’heure, l’heure de la Gloire qu’Il reçoit de son Père pour mieux le révéler à tous ceux qui se tournent vers lui. « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. » Sur la Croix, Jésus est le Messie. Il dévoile l’Amour du Père pour tout homme, l’élan du Père qui s’abaisse jusqu’à l’extrême pour le relever de toutes ses extrémités du péché et de la mort.
Ce n’est pas l’heure de la facilité. Et pourtant, « c’est pour cette heure-là que je suis venu… » dit le Christ. Son Heure, c’est l’heure de sa mort. Mais c’est en même temps l’heure de son exaltation, de sa résurrection, l’heure où la gloire de Dieu va être manifestée au monde entier, l’heure où Jésus va attirer à lui tous les hommes de tous les pays… l’heure où il va pouvoir se montrer aux grecs, aux catéchumènes, à nous tous qui cherchons le véritable Messie.

Accepter de rencontrer ce Messie là, c’est accepter de mourir à nous-mêmes pour entrer dans la véritable Vie, la vie du Ressuscité : « si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul.. Mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit… si quelqu'un veut me servir, qu’il me suive… »

Quelle heure est-il ?
L’heure du Christ, l’heure de la Vie plus forte que la mort, l’heure de notre conversion.
« Son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre.»

P. Olivier PRAUD

 

Evangile du jour : Jean 12, 20-33

19:06 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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