Profession de foi en ce jour de notre fête patronale « St Pierre et st Paul ».
J’aime l’Eglise parce qu’elle est comme une mère qui m’éduque à connaître notre Père en me faisant sans cesse découvrir le Fils. Sans elle, je pourrais croire tout, donc n’importe quoi. Seule, l’Eglise croit en vérité. Je peux (nous pouvons) oser « croire Dieu » parce que nous sommes enfants de cette Eglise. Sans Elle, Dieu n’est pas Père parce que nous ne connaîtrions même pas le Fils !
J’aime aussi l’Eglise car elle est comme le sacrement de l’Esprit Saint, l’assurance de sa Présence. Elle est consubstantielle au don de l’Esprit. Appartenir à l’une c’est vivre de l’Autre ! Dans l’Eglise, je vis (nous vivons) du don de l’Esprit (troisième Personne) qui nous présente le Christ (deuxième Personne) et nous fait appeler Dieu (première Personne) « Abba ». L’Eglise est manifestation de la vie Trinitaire.
J’aime l’Eglise car elle donne l’Esprit mais n’en est pas propriétaire : C’est l’Esprit qui est propriétaire de l’Eglise : « Il souffle où il veut, et tu ne sais ni d’où il vient ni où il va ». J’aime l’Eglise mue par ce don de l’Esprit qui prolonge l’histoire du Christ. L’Esprit est Seigneur et Il donne la Vie du Christ. Il est cette puissance de vie que Dieu a donné à son Fils et qu’Il continue de déployer dans le Corps de l’Eglise, telle qu’elle est.
J’aime l’Eglise dont la sainteté n’est pas dans l’addition des qualités de ses membres, mais dans la puissance de sanctification que Dieu y exerce à l’intérieur même de nos infidélités et nos trahisons. J’aime l’Eglise car Dieu a choisi d’y rendre présent sa sainteté dans les mains sales de l’homme et de la communauté.
J’aime l’Eglise au terme de cette année sacerdotale avec ses beautés et ses scandales, car elle est et elle sera toujours l’expression corporelle du Christ ! Amen !
Père Philippe Marsset
Evangile de la fête de st Pierre et st Paul : Matthieu 16, 13-19
19:14 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Pour vous, que dites-vous ? pour vous, qui suis-je ?
Oui, c’est bien gentil de rapporter tout ce que ‘les gens’ disent de ce Jésus de Nazareth. Chacun de nous peut mettre une litanie. Et comme le raconte l’évangile, nous pourrions constater que ce qui est dit aujourd’hui encore de ce Jésus ne correspond pas vraiment à ce qu’il est, ne correspond pas au Credo de l’Église. Mais est-ce ce que Jésus me demande ?
Déjà, savoir n’est pas croire ; et croire, ce n’est pas, comme notre ancien acte de foi nous le faisait prier, ‘croire toutes les vérités que vous nous enseignez par votre Église’, croire, c’est engager sa vie.
À Pâques des milliers de catéchumènes en France ont reçu le baptême ; beaucoup parmi eux ont totalement bouleversé leur existence concrète, car la suite du Christ leur paraissait imposer ce changement ; beaucoup aussi sont surpris, en intégrant plus profondément la communauté chrétienne locale, de constater des chrétiens bien tièdes. Ah ! l’ardeur des néophytes, disent les vieux baptisés, bousculés par leurs questions étonnées. Et sous-entendu terrible parfois : ça va leur passer !
À Paris – mais aussi dans toute la France – chaque année, des centaines de chrétiens demandent à être confirmés, attendant de l’Esprit Saint qu’Il transforme leur vie, qu’Il leur donne la force de devenir de vrais disciples, témoins du Christ mort et ressuscité.
Dans une semaine, à Paris, dans les jours qui viennent, dans le monde entier, des hommes, répondant à l’appel de leur évêque, vont accepter de devenir prêtres, témoins et actualisation du Christ, seul Pasteur, qui a donné sa vie pour l’humanité entière.
Tous ceux-là, baptisés, confirmés, ordonnés, croient, oui, mais au sens où ils font une totale confiance au Seigneur, ils se remettent entièrement entre ses mains, ils engagent toute leur existence. « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. Celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera. »
Pour toi, me dit Jésus aujourd’hui, qui suis-je ? Quelle est ma réponse ? Ai-je vraiment engagé ma vie à la suite du Christ au point que chaque action, chaque moment, en est marqué ? C’est au cœur de sa prière que Jésus a posé la question ; ce ne peut être qu’au cœur de la mienne que je pourrai y répondre.
Père Bruno Laurent
Evangile du jour : Luc 9, 18-24
19:13 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ta foi t’a sauvée. Va en paix !
Un pharisien, un homme très attaché au respect de la loi de Moïse, avait invité Jésus chez lui. Lorsque survient une femme pécheresse, il se dit que si Jésus était un prophète il saurait qui est cette femme et il la renverrait. En effet, pour le pharisien, être au contact d’une personne impure ou dans le péché suppose de se purifier par la suite, pour être délivré de l’impureté qui est contagieuse. La peur du pharisien ressemble à celle d’une mère de famille qui accueillerait de charmants bambins remuants aux souliers tout crottés en train d’envahir le salon et de menacer le beau tapis persan transmis précieusement depuis plusieurs générations.
Alors comment Jésus peut-il être aussi serein ? Jésus fait appel au bon sens de Simon : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante. Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l’aimera davantage ? » Simon trouve facilement la réponse : « C’est celui à qui il a remis davantage ». Et Jésus rajoute que de la même façon, celle à qui on a beaucoup pardonné montre davantage d’amour.
Voilà ce qui est étonnant. Jésus n’a pas peur de s’approcher des pécheurs. Son amour pour les pécheurs est plus grand que sa peur du péché. Là où la loi de Moïse obligeait à se protéger du monde extérieur impur, Jésus bouleverse l’ordre établi, de l’intérieur. Il vient pardonner les péchés de ceux qui ont confiance en lui. A la contagion du péché succède la contagion de la grâce et du pardon. Au lieu que Jésus devienne impur, c’est la pécheresse qui est pardonnée de ses péchés. La clé mystérieuse de cette transformation est l’amour de Jésus plus fort que nos péchés et notre confiance en Jésus plus forte que notre honte du péché. Car il faut aussi la foi de la pécheresse pour oser s’approcher de Jésus. C’est aussi cet amour qui donnera la force à Mère Teresa de s’approcher des plus pauvres d’entre les pauvres, abandonnés dans les rues de Calcutta. Un amour capable de vaincre le dégoût de la maladie ou de la puanteur. C’est aussi comme cela que Jésus continue de s’approcher de nous. Son amour pour nous est bien plus grand que la puanteur de notre péché. On prête au saint curé d’Ars une formule disant qu’il faut aimer le pécheur et avoir horreur du péché et non pas aimer le péché et avoir horreur du pécheur. Puisse Jésus nous donner autant de foi qu’à cette femme pécheresse pour oser demander régulièrement le sacrement de la réconciliation et que nous entendions aussi cette parole :
« Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »
Père Michel BERNARD
Evangile du jour : Luc 7, 36 - 8, 3
19:00 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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L’Evangile de ce dimanche était celui de mon ordination, et les premiers versets étaient inscrits sur mon faire-part comme une invitation à vivre à la manière du Christ : « Il leur fit bon accueil ; il leur parlait du règne de Dieu et guérissait ceux qui en avaient besoin » (Lc 9,11). Ces quelques mots résument à eux seuls tout l’Evangile et nous introduisent aujourd’hui tout à la fois au mystère du sacrement eucharistique et à la manière dont nous sommes appelés à agir dans notre monde.
La célébration eucharistique, célébrée en mémoire du Seigneur comme Il nous a dit de le faire, nous rappelle sans cesse notre condition de « pèlerin ». La multiplication des pains fait suite au retour des disciples de leur première mission et se présente comme une étape vers l’accomplissement du mystère du Christ. La messe, elle aussi, est une étape dans notre marche vers le Règne de Dieu. Elle est le lieu où nous recevons de Dieu le Pain de la route pour reprendre des forces et repartir.
Mais comme la multiplication des pains qui en est la figure, l’Eucharistie ne peut se vivre sans que nous n’inscrivions nos vies dans l’attitude du Christ : faire bon accueil à tous nos frères, leur parler du Règne de Dieu et guérir ceux qui en ont besoin. Ainsi, l’Eucharistie nous entraîne à la conversion et l’action dans l’imitation de Celui qui nous a aimés jusqu’à donner sa vie pour nous.
En mangeant ce pain et buvant à cette coupe de vin consacrés, nous devenons le peuple de Dieu, le Corps du Christ, qui chemine dans le monde et dans l’histoire en annonçant en paroles et en actes la Bonne Nouvelle du Salut. Puissions-nous entrer chaque jour un peu plus dans ce mystère pour que le Royaume de Dieu grandisse parmi nous et que tous les hommes puissent un jour y entrer avec le Christ.
Père Sylvain Brison
Evangile du jour : Luc 9, 11b-17
19:00 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
VOUS AVEZ DIT « ESPRIT SAINT »
« Ils furent tous remplis de l’Esprit Saint », nous dit le récit de Luc en parlant des Douze réunis le jour de la Pentecôte, alors qu’un violent coup de vent vient de secouer la maison (vraisemblablement le Cénacle) où ils se trouvaient. Baptisés, confirmés, nous sommes nous aussi « remplis » de l’Esprit Saint. Mais qu’est-ce que l’Esprit Saint ? Qui est l’Esprit Saint ?
On peut dire que c’est la vie même de Dieu, sa substance, son être même. Dieu est Esprit. Oui, mais on ne peut pas donner une définition de l’Esprit de Dieu. Une définition fixe des limites, dit ce qu’est une réalité et ce qu’elle n’est pas. Or Dieu est sans limite, infini. On ne peut parler de l’Esprit que comme des enfants : « L’esprit, c’est quand… », on ne peut en parler qu’avec des images.
L’Esprit, c’est la respiration, le souffle de Dieu, s’exprimant parfois avec tant de puissance qu’il vient bousculer notre confort, nous libérer de nos peurs paralysantes. L’Esprit est dit aussi notre avocat, celui qui épouse notre cause, qui nous défend contre tout ce qui nous empêche de faire grandir en nous ce que nous sommes fondamentalement, des « justes », des êtres destinés à être « ajustés » à la vie et à la sainteté de Dieu. L’Esprit, relation et unité d’amour, de don, du Père au Fils et du Fils au Père, est celui qui, venant en nous, nous met à notre tour en relation avec les autres…
« Esprit de Dieu, viens nous visiter et fais nous comprendre ce que tu veux pour nous, les commandements que tu nous donnes, garde-nous dans la fidélité à les mettre en oeuvre dans notre vie. Esprit de Dieu, soutiens notre volonté à aimer comme tu aimes et donne-nous en le courage. Esprit de Dieu, ne cesse pas de faire battre notre cœur de telle sorte qu’il soit toujours affamé de tes paroles, de ta Parole. Esprit de Dieu, fais nous vivre toujours dans la conscience de ta présence et de ton amour. Esprit de Dieu, répands sur nous tes sept dons de sainteté, esprits de sagesse et d’intelligence, de conseil et de force, de connaissance et d’affection filiale, remplis-nous de l’esprit d’adoration. – Amen. »
Père Philippe MAIRE
Evangile du jour : Jean 14, 15-16. 23b-26
19:00 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
« Que tous soient Un ! »
«Que tous soient un !» Lorsque des hommes et des femmes, au-delà de ce qui les sépare, au-delà de leurs expériences personnelles, uniques, voire divergentes, au-delà de leurs sympathies naturelles immédiates, s’attachent à découvrir le mystère de Dieu en apprenant des autres quelle est la largeur, la longueur, la profondeur de l’amour que Dieu nous porte ; lorsque des hommes et des femmes, au-delà de leurs options politiques, sociales, religieuses et même pastorales, au-delà des différences d’âges et de milieux, s’efforcent de donner corps à l’amour inscrit dans leur cœur en refusant toute exclusive, toute barrière, tout jugement de personnes, alors vient à la lumière la source même de la vie de l’Église.
«Que tous soient un…pour que le monde croie que tu m’as envoyé.» Nous sommes solidairement responsables de la révélation de Dieu en Jésus-Christ. C’est pourquoi la division de l’Église du Christ est un scandale. Que des disciples qui se recommandent du même Seigneur et de son commandement d’amour ne puissent partager le pain à la même table est un obstacle à la foi.
Aujourd’hui, nous le croyons, l’amour même de Dieu travaille l’Église, travaille l’humanité. La prière de Jésus monte toujours vers le Père aujourd’hui : «Qu’ils aient en eux l’amour dont tu m’as aimé, et que moi aussi je sois en eux». Laissons davantage l’Esprit nous habiter chacun, et permettons ainsi à notre communauté, en communion avec toute l’Église, d’être – même si ce sera toujours imparfaitement – plus configurée à la Trinité, plus image de Dieu, c’est-à-dire relation d’amour.
Père Bruno LAURENT
Evangile du jour : Jean 17, 20-26
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La paix dans l’Esprit
Le temps pascal s’achemine vers la Pentecôte et le Christ nous promet, dans l’Evangile, que le Père enverra l’Esprit en son nom. Cette promesse s’accompagne déjà du don de la paix. « C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne ». Voilà le gage de la présence de Dieu. Celui qui observe le commandement divin de l’amour est visité par la Trinité : « nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui ». Dieu en sa Trinité est la vraie paix, non pas celle du monde, mais celle qui est indestructible. Le Père vient avec le Fils, et l’Esprit incruste dans le cœur du fidèle la vérité et la connaissance dans l’amour.
L’Eglise est appelée à être un lieu de paix et d’amour. Mais, vivant dans le monde, elle n’est à l’abri ni des tensions, ni des péchés. Le livre des Actes des Apôtres témoigne que l’Eglise ne peut dépasser ses propres contradictions que dans l’écoute et l’obéissance à l’Esprit de paix. « L’Esprit Saint et nous-même avons décidé ». L’affrontement entre les croyants d’origines juives et ceux venant du paganisme ne peut se résoudre dans l’assujettissement d’un groupe à l’autre mais seulement dans le renoncement à sa propre vanité et à son orgueil. Il en va toujours de même aujourd’hui. Si nos décisions et nos actes ne produisent que trouble, désarroi, incompréhension et rejet, nous devons nous demander, tous et chacun, si nous sommes fidèles à l’Esprit que nous avons reçu et au commandement du Christ.
Fort heureusement, l’Esprit que l’Eglise a reçu est vérité et vie. Il ne se laisse pas contraindre par notre faiblesse et nos péchés mais il convertit notre cœur et nous donne de nous tourner vers nos frères. C’est ainsi que nous pouvons entendre pour notre Eglise et notre temps, le dernier mot du message des apôtres dans le passage des Actes de ce dimanche : « Courage ! »
Père Sylvain Brison
Evangile du jour : Jean 14, 23-29
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C’est toujours Pâques
Dans sa réforme liturgique, le Concile Vatican II a voulu que « les 50 jours à partir du dimanche de la Résurrection jusqu’à celui de la Pentecôte soient célébrés dans la joie et l’exultation comme si c’était un jour de fête unique, ou mieux ‘un grand dimanche’. Les dimanches de ce temps sont considérés comme des dimanches de Pâques». Tout dimanche est Pâques, mais plus encore ceux-là et l’évangile d’aujourd’hui souligne bien ce qu’est un dimanche.
« C’était le soir du premier jour de la semaine », le dimanche ; « huit jours plus tard » – dimanche suivant – « les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison », lieu de la communauté. À chaque fois : «Jésus vint, il était là, au milieu d’eux ». Les portes étaient verrouillées, pour indiquer la peur des apôtres, sans doute, mais aussi pour révéler qu’est là le Ressuscité d’une manière autre que physique. Soudain, il est là, au milieu d’eux. « Lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux ». Et c’est bien le crucifié qui est présent, celui qui a des plaies aux mains et au côté, celui qui est marqué par la croix.
Le dimanche, jour de la Résurrection, est jour où toute la communauté se réunit pour célébrer son Seigneur, où elle vit de la certitude de la présence du crucifié-ressuscité ; en reprenant la Cène en mémoire de lui, la messe réunit le vendredi saint et le dimanche de la résurrection.
C’est le jour où il nous est dit : «La paix soit avec vous », où nous passons, comme les disciples, à la joie de la Présence. Jour où nous sommes re-créés par le souffle de l’Esprit qui fait de nous un seul corps et un seul esprit dans le Christ.
Jour de la Présence qui est jour de l’envoi : «Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Et nous sommes envoyés pour aller dire au monde : «Nous avons vu le Seigneur ».
Puissions-nous le dire en vivant de la joie de sa rencontre et de sa présence.
Père Bruno Laurent
Evangile du jour : Jean 20, 19-31
18:13 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
"Dieu n’est pas ce que vous croyez"*
Les textes de ce 3e dimanche de Carême pourraient conforter tous ceux qui tendent à penser que Dieu est responsable de tout ce qui se passe dans le monde ; avec lui - avec les religions, diraient certains - que de morts !
Lisez : "La plupart (de nos ancêtres) n’ont fait que déplaire à Dieu, et ils sont tombés au désert". "Cessez de récriminer contre Dieu comme l’ont fait certains : ils ont été exterminés. Leur histoire devait servir d’exemple". "Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous (comme les Galiléens par Pilate ou les 18 personnes tuées par la chute de la tour de Siloé)". On comprend que certains soient athées !
Mais est-ce bien le Dieu de l’Alliance dont Jésus a été non seulement le témoin, le prophète, mais le révélateur par sa vie même ? "J’ai vu la misère de mon peuple…Je connais ses souffrances, je suis descendu pour le délivrer". Dieu est l’amoureux de son peuple, qui souffre de ses souffrances, qui ne cesse d’appeler à la vie, et qui, devant le mal, nous supplie de choisir d’aimer le frère blessé, enfermé ; et il nous envoie vers lui : "Va, je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple". Jésus, envoyé par le Père, sera le nouveau Moïse qui nous fera sortir du péché et de la mort. Comme le Père l’a envoyé, il nous envoie, tout en étant toujours avec nous. Il est aussi le vigneron patient qui ne peut consentir à notre stérilité.
La conversion du Carême ne peut être que désir de servir davantage. Le seul remède contre le mal, c’est l’amour.
Les catéchumènes aujourd’hui, avec l’évangile de la Samaritaine, découvrent aussi par Jésus combien ‘Dieu n’est pas ce que vous croyez’*.
Bruno Laurent
* Titre d’un excellent petit livre de Jean-Marie Ploux, éd. Bayard
Evangile du jour : Luc 13, 1-9
19:00 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ce que le récit de la transfiguration nous révèle
Dans un tableau d’André Mantegna (peintre italien de la Renaissance) on voit en premier plan Pierre, Jacques et Jean plongés dans un profond sommeil, et un peu plus loin, à un jet de pierre, sur une petite hauteur, Jésus plongé dans la prière. C’est la scène, bien connue, du début du récit de la Passion, à Gethsémani. Ce tableau pourrait tout aussi bien représenter la situation des mêmes personnages au début du récit de la Transfiguration. Le rapprochement entre les deux scènes est justifié car l’entretien de Jésus avec Moïse et Elie porte sur son départ, ou plus précisément sur son ‘exode’ « qui allait se réaliser à Jérusalem ».
Même si la Transfiguration et Gethsémani ont une grande place dans l’art religieux, ces deux images ne veulent pas satisfaire notre curiosité mais nous donner un enseignement de foi, surtout la Transfiguration. Le montrant en entretien avec Moïse et Elie, figures emblématiques de la Loi et des Prophètes, l’évangéliste nous enseigne que Jésus ne fait rien sans être en lien avec Israël, son peuple, dont il récapitule en lui toute la Tradition, qu’on appelle aussi la première Alliance. En même temps, porteur de cette histoire sainte, par son « Exode », c’est à dire sa Passion, sa mort sur la croix, sa Résurrection et son Ascension – le mystère pascal - Jésus ouvre le chemin de l’accomplissement de la Nouvelle Alliance.
De même qu’Israël était le peuple élu, le peuple choisi, pour être le témoin de l’Alliance que Dieu veut faire avec tous les hommes, Jésus est le Fils élu, choisi et envoyé dans le monde pour accomplir définitivement cette Alliance.
Dans cette « manifestation » de Jésus est aussi incluse sa relation au Père par la voix qui se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils… », ainsi que sa relation à l’Esprit qui couvre de son ombre les disciples comme il avait couvert de son ombre Marie au moment de la conception de Jésus. La Transfiguration manifeste donc en Jésus la présence de toute l’histoire du salut et du Dieu trinitaire.
Voilà ce qui se cache sous la figure humaine de Jésus que les disciples ne voient plus que seul à la fin du récit. Ils ne le comprendront pleinement qu’après la Résurrection. Sans doute est-ce la raison pour laquelle ils « gardèrent le silence » jusqu’à ce moment-là. Ils représentent l’Eglise à venir, ils nous représentent. A leur suite nous accueillons le mystère aujourd’hui manifesté mais en sachant que nous ne pouvons plus garder le silence.
Père Philippe Maire
Evangile du jour 9, 28b - 36
17:13 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


