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Ta foi t’a sauvée. Va en paix !
Un pharisien, un homme très attaché au respect de la loi de Moïse, avait invité Jésus chez lui. Lorsque survient une femme pécheresse, il se dit que si Jésus était un prophète il saurait qui est cette femme et il la renverrait. En effet, pour le pharisien, être au contact d’une personne impure ou dans le péché suppose de se purifier par la suite, pour être délivré de l’impureté qui est contagieuse. La peur du pharisien ressemble à celle d’une mère de famille qui accueillerait de charmants bambins remuants aux souliers tout crottés en train d’envahir le salon et de menacer le beau tapis persan transmis précieusement depuis plusieurs générations.
Alors comment Jésus peut-il être aussi serein ? Jésus fait appel au bon sens de Simon : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante. Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l’aimera davantage ? » Simon trouve facilement la réponse : « C’est celui à qui il a remis davantage ». Et Jésus rajoute que de la même façon, celle à qui on a beaucoup pardonné montre davantage d’amour.
Voilà ce qui est étonnant. Jésus n’a pas peur de s’approcher des pécheurs. Son amour pour les pécheurs est plus grand que sa peur du péché. Là où la loi de Moïse obligeait à se protéger du monde extérieur impur, Jésus bouleverse l’ordre établi, de l’intérieur. Il vient pardonner les péchés de ceux qui ont confiance en lui. A la contagion du péché succède la contagion de la grâce et du pardon. Au lieu que Jésus devienne impur, c’est la pécheresse qui est pardonnée de ses péchés. La clé mystérieuse de cette transformation est l’amour de Jésus plus fort que nos péchés et notre confiance en Jésus plus forte que notre honte du péché. Car il faut aussi la foi de la pécheresse pour oser s’approcher de Jésus. C’est aussi cet amour qui donnera la force à Mère Teresa de s’approcher des plus pauvres d’entre les pauvres, abandonnés dans les rues de Calcutta. Un amour capable de vaincre le dégoût de la maladie ou de la puanteur. C’est aussi comme cela que Jésus continue de s’approcher de nous. Son amour pour nous est bien plus grand que la puanteur de notre péché. On prête au saint curé d’Ars une formule disant qu’il faut aimer le pécheur et avoir horreur du péché et non pas aimer le péché et avoir horreur du pécheur. Puisse Jésus nous donner autant de foi qu’à cette femme pécheresse pour oser demander régulièrement le sacrement de la réconciliation et que nous entendions aussi cette parole :
« Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »
Père Michel BERNARD
Evangile du jour : Luc 7, 36 - 8, 3
19:00 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


