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Ce que le récit de la transfiguration nous révèle

Dans un tableau d’André Mantegna (peintre italien de la Renaissance) on voit en premier plan  Pierre, Jacques et Jean plongés dans un profond sommeil, et un peu plus loin, à un jet de pierre, sur une petite hauteur, Jésus plongé dans la prière. C’est la scène, bien connue, du début du récit de la Passion, à Gethsémani. Ce tableau pourrait tout aussi bien représenter la situation des mêmes personnages au début du récit de la Transfiguration. Le rapprochement entre les deux scènes est justifié car l’entretien de Jésus avec Moïse et Elie porte sur son départ, ou plus précisément sur son ‘exode’ « qui allait se réaliser à Jérusalem ».
Même si la Transfiguration et Gethsémani ont une grande place dans l’art religieux, ces deux images ne veulent pas satisfaire notre curiosité mais nous donner un enseignement de foi, surtout la Transfiguration. Le montrant en entretien avec Moïse et Elie, figures emblématiques de la Loi et des Prophètes, l’évangéliste nous enseigne que Jésus ne fait rien sans être en lien avec Israël, son peuple, dont il récapitule en lui toute la Tradition, qu’on appelle aussi la première Alliance. En même temps, porteur de cette histoire sainte, par son « Exode », c’est à dire sa Passion, sa mort sur la croix, sa Résurrection et son Ascension – le mystère pascal -  Jésus ouvre le chemin de l’accomplissement de la Nouvelle Alliance.
De même qu’Israël était le peuple élu, le peuple choisi, pour être le témoin de l’Alliance que Dieu veut faire avec tous les hommes, Jésus est le Fils élu, choisi et envoyé dans le monde pour accomplir définitivement cette Alliance.
Dans cette « manifestation » de Jésus est aussi incluse sa relation au Père par la voix qui se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils… », ainsi que sa relation à l’Esprit qui couvre de son ombre les disciples comme il avait couvert de son ombre Marie au moment de la conception de Jésus. La Transfiguration manifeste donc en Jésus la présence de toute l’histoire du salut et du Dieu trinitaire.
Voilà ce qui se cache sous la figure humaine de Jésus que les disciples ne voient plus que seul à la fin du récit. Ils ne le comprendront pleinement qu’après la Résurrection. Sans doute est-ce la raison pour laquelle ils « gardèrent le silence » jusqu’à ce moment-là. Ils représentent l’Eglise à venir, ils nous représentent. A leur suite nous accueillons le mystère aujourd’hui manifesté mais en sachant que nous ne pouvons plus garder le silence.

 

Père Philippe Maire    


Evangile du jour 9, 28b - 36

17:13 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note