« feuille paroissiale du 7 février 2010 | Page d'accueil | Saint Pierre de Montrouge comme vous ne l'avez jamais vu ! »
Etrange Evangile !
Nous sommes plus habitués à entendre les 8 Béatitudes commençant par « heureux ». Mais St Luc a fait un autre choix, celui que nous entendons aujourd’hui : 4 béatitudes et 4 lamentations. Oui, ce sont bien des plaintes, pas des malédictions. Jésus ne maudit personne, mais Il en plaint beaucoup.
4 « heureux » touchant des situations de pauvreté et 4 « malheureux » touchant des situations de richesse. Est-ce de la politique sociale ? Evidemment non, mais dans l’histoire de notre Eglise, dans les interprétations qu’on a pu en faire, il en est bien qui ont relu ces lignes comme un manifeste.
Depuis le Magnificat, ces mots sont des louanges et non des analyses sociales. Souvenons-nous du chant de la Vierge Marie :
« Il renverse les puissants de leurs trônes // Il élève les humbles »
« Il comble de biens les affamés // et renvoie les riches les mains vides »
Dans la Bible, dans les psaumes, les pauvres sont « ceux qui n’ont pas le coeur fier ni le regard ambitieux ». Ce sont ceux qui veulent vivre pour Dieu avec humilité et qui trouvent leur richesse en se tournant vers Lui. Et Jésus les dit « heureux » parce qu’ils fondent leur vie sur le trésor de la charité de Dieu : « Quand un pauvre crie, Dieu l’entend », dit un autre psaume. En regard, les riches sont des prétentieux se passant de Dieu et de ses dons pour vivre leur condition humaine. Et Jésus les plaint en les appelant « malheureux » !
Le regard de Dieu sur nos vies, sur notre bonheur n’est pas le même que le nôtre. La foi, c’est accepter et même choisir ce regard de Dieu sur nous.
Le temps du Carême (à partir de mercredi prochain) est le temps des pauvres. Le vrai Carême est caché au regard des autres. Il est ce que nous faisons pour que le regard et la Parole de Dieu changent, modifient, convertissent nos façons de vivre.
Père Philippe Marsset
Evangile du jour : Luc 6, 17. 20-26
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