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« Ca sent la fin »… les textes de la Parole de Dieu que nous donne aujourd’hui l’Eglise nous introduisent dans une autre « liturgie », celle de la fin des temps. Le Christ parle du Jour de sa venue en nous précisant les signes apocalyptiques qui annonceront son prompt retour. Il précise aussi à ses apôtres que cela arrivera avant que leur génération soit passée… Comment pouvons-nous concilier tout cela ?
Nous sociétés modernes nous ont habitués à maîtriser l’espace et le temps. Nous savons parcourir la terre de long en large à grande vitesse, nous avons excellé dans les représentations cartographiques à un point où Google Earth suffit à nous faire visiter un pays en restant derrière notre écran d’ordinateur, ou que notre GPS nous indique la route à suivre bien que nous la connaissions par cœur. La mondialisation nous enseigne que notre « village planétaire » n’est qu’une vaste place de commerce et de libre échange où notre liberté est régulée par le temps de notre travail et de notre capacité de production. Il est donc normal que les textes de Daniel et de l’évangile de Marc bousculent nos représentations. Ils nous invitent à entrer dans un autre espace et un autre temps, ceux du Fils de l’Homme. Ils nous proposent d’entrer dans le temps et l’espace de Dieu où nous ne maîtrisons rien : « Quant au jour et à l’heure, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père ». Et si le Jour du Fils de l’homme c’était aujourd’hui ?
L’eucharistie à laquelle nous participons nous façonne dans une tout autre dimension que nous avons du mal à imaginer. Au cœur de notre vie, au centre de notre église parisienne, comme au fin fond du Zimbabwe, se produit l’irruption du temps de Dieu dans le temps des hommes. Dans ce pain et ce vin consacré, Dieu se donne dans les limites de notre monde et nous donne d’entrer dans la communion qui franchit les limites de nos vies, de nos pays, de notre temps. En communiant au Corps et au Sang du Christ ici et maintenant, nous entrons dans la communion qui nous regroupe tous, par delà le temps et l’espace, dans le même Corps du Christ.
Puissions-nous dans cette année liturgique nous laisser façonner de plus en plus par ce sacrement qui nous incite à « imaginer » le monde dans de nouvelles dimension, et ainsi, faire advenir le Royaume de Dieu sur notre terre.
Père Sylvain BRISON
Evangile du jour : Marc 13, 24-32
19:00 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


