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Le serviteur de tous
Jésus annonce sa passion. Les disciples ne comprennent pas. Ce n’est pas étonnant puisqu’en chemin, ils avaient parlé entre eux pour savoir qui est le plus grand. Ils pensent à leur intérêt. Ils misent sur Jésus. S’il devient roi, ils seront ses ministres. Quelle leçon d’humilité ! Ce détail peu glorieux aurait facilement pu être passé sous silence.
Jésus à l’inverse ne pense pas à lui. Il est prêt à perdre beaucoup pour que les autres gagnent. Il refuse d’être acclamé comme roi. Comment suivre cette logique si étrange ? « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous ». Nous sommes souvent étonnés qu’une grande partie du peuple juif n’ait pas reconnu Jésus comme le Messie attendu, il y a environ deux mille ans. Mais, n’aurions nous pas oublié de nous émerveiller du succès des apôtres ? L’Evangile a été annoncé sur les cinq continents, alors qu’au départ même les apôtres ont eu du mal à croire en Jésus mort et ressuscité pour nous sauver.
Jésus a été source de division en son temps. Il l’est encore aujourd’hui. La venue de Jésus renvoie à une question plus vaste : à quels signes reconnaît-on le Messie ? Cela reste le grand sujet de désaccord entre juifs et chrétiens. Et pourtant Jésus est aussi celui qui rapproche les juifs et les nations comme le montre saint Paul dans l’épître aux Romains (Rm 11). Il compare les grecs et les romains devenus chrétiens à des branches d’olivier sauvage, greffées sur l’olivier franc, qui est le peuple d’Israël. Il ajoute : « ce n’est pas toi qui portes la racine, c’est la racine qui te porte ». Le concile Vatican II a rappelé ce lien spirituel qui unit les chrétiens au peuple juif. C’est seulement par Jésus que toutes les nations peuvent être greffées sur la racine. Avec la conviction que Dieu continue d’aimer le peuple à qui il a parlé en premier, l’Eglise nous invite à manifester notre estime et notre amitié pour le peuple juif à l’occasion de la fête de Roch ha Shana (nouvel an juif). Benoît XVI, lors de sa visite en Terre Sainte, invitait juifs et chrétiens à se « rapprocher les uns des autres comme les branches d’un même olivier, nourris par les mêmes racines et unis dans un amour fraternel ».
Père Michel BERNARD
Evangile du jour : Marc 9, 30-37
19:00 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


