« La Pentecôte est le temps de la Confirmation. | Page d'accueil | feuille paroissiale du 7 juin 2009 »
LA TRINITE, ACTE ETERNEL D’AIMER
Feuilletez tout le Nouveau Testament, vous n’y trouverez pas le mot « Trinité ». Il a fallu bien du temps, il a fallu attendre le 3ème siècle, pour que les communautés chrétiennes et les théologiens de l’époque inventent ce mot pour essayer de rendre compte du mystère de Dieu. Parler de mystère, c’est dire que Dieu est infiniment plus grand, dépasse absolument toutes les idées qu’on peut se faire pour penser à lui. Ou plus précisément que témoigner de Dieu est d’un autre ordre que celui de la réflexion intellectuelle (même si celle-ci peut y trouver sa place).
On ne peut être introduit dans ce mystère de Dieu que par une expérience profonde de ce qu’est l’amour. Pour cela il nous faut d’abord regarder et contempler l’expérience qui fut celle de Jésus. Il emploie peu souvent le mot de « Dieu ». Pour en parler il dit « le Père », ou mieux encore « mon Père », en ajoutant parfois « et votre Père ». Jésus manifeste ainsi qu’il est « le Fils ». Tout ce qu’il est, il le reçoit du Père. « Celui qui m’a vu a vu le Père… Je suis dans le Père et le Père est en moi » (Jn 14,9-10). Le Père aime le Fils et le Fils aime le Père. « Le Père m’a aimé… j’ai gardé fidèlement les commandements de mon Père et je demeure dans son amour » (Jn 15,9 & 10). « Dieu est amour » (1 Jn 4,8), Dieu est acte éternel d’aimer, de donner, de se donner. Cet acte, ce don réciproque entre le Père et le Fils, est leur vie, leur souffle, l’Esprit, l’Esprit Saint.
Tout « cela » Jésus l’a « traduit » dans son existence humaine. Chaque fois, entre autres, qu’il était sur « la montagne ». Pour résister au tentateur : « C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, c’est lui seul que tu adoreras » (Mt 4,10). Pour instruire la foule et ses disciples : « Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux » (Mt 5,3). Pour prier après la première multiplication des pains (Mt 14,23). Pour nourrir (deuxième multiplication des pains) la foule : « J’ai pitié de cette foule » (Mt 15,32). Au moment de la Transfiguration : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour… » (Mt 17,5). Surtout Jésus l’a manifesté jusqu’à l’extrême dans sa mort sur la croix dont il a fait un acte d’amour – « Père, entre tes mains je remets mon e(E)sprit » (Lc 23,46) – donc, pour lui, un acte de vie, de sa vie, qui ne pouvait déboucher que sur la vie, la Résurrection. Jésus nous emporte dans cette vie, cet Esprit, cet amour, dans ce don total de lui-même au Père – « Vous connaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous » (Jn 14,20).
Notre vie de croyants, de chrétiens, de disciples du Christ est donc comme la sienne, dans l’Esprit. « L’Esprit que vous avez reçu fait de vous des fils ; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l’appelant : ‘Abba !’ » (Rm 8, 14). La Trinité, pas une construction intellectuelle, mais l’identité même du Dieu vivant.
Père Philippe MAIRE
Evangile du jour : Matthieu 28, 16-20
19:31 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


