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Entrée réservée ?!

La réponse de Matthieu (Lévi) à l’invitation du Christ est fascinante. Pour deux mots, pour un appel simple et bref, pour un « suis-moi ! », il « se leva et le suivit ». Matthieu ne prend pas le temps de réfléchir ou de s’informer sur Jésus, de discerner ou d’évaluer sa proposition. Il ne prend même pas le temps de terminer ce qu’il faisait, d’avertir ses proches, ou d’expédier les affaires courantes : à ce simple et bref appel du Christ, il répond tout aussi simplement : « il se leva et le suivit ».

Matthieu perçoit bien la puissance de l’appel du Christ : s’il appelle, c’est par amour, c’est par grâce. Il perçoit que l’appel exigeant de Jésus contient tout ce qu’il veut lui donner, toute sa miséricorde, même s’il n’a aucune idée de ce que recouvre concrètement ce « suis-moi ! ». Or ces deux mots, à eux seuls, viennent le sortir de sa situation, de sa misère, de son péché, de l’asservissement dans lequel il s’est installé. La réponse de Matthieu est fascinante par sa radicalité et sa confiance dans le Christ, mais plus encore par sa juste perception de l’appel du Christ comme un appel puissant de son amour, de miséricorde et de grâce.

C’est bien la raison pour laquelle il y a tant d’invités et de pécheurs au repas que le Seigneur prend avec ses disciples, et leur présence révèle précisément le sens de tous les appels exigeants du Seigneur, de toutes les prophéties de l’histoire d’Israël, de toutes les remontrances du Seigneur à son peuple : elles sont une invitation aux pécheurs. Les invités au repas n’ont pas d’autre distinction que celle-ci : ils sont pécheurs.

Or, nous le sommes tous. Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre. Pharisiens, publicains et les autres, nous sommes pécheurs. Le reconnaître, c’est se rendre disponible à l’appel du Christ, c’est écouter où se tient le « suis-moi » que le Christ adresse. Le pharisien qui découvre qu’il est pécheur se découvre appelé, invité, pardonné, comblé de l’amour de Dieu. Comme à Matthieu, le Christ adresse sans cesse à chacun un « suis-moi » qui le tire de son péché pour l’établir avec Lui, dans la grâce d’un repas pris avec les autres pécheurs, dans la grâce d’une communauté eucharistique qui sait bien que de Lui seul vient toute miséricorde, tout pardon et tout bien.

Il n’y a vraiment pas de quoi s’offusquer que le repas soit réservé aux pécheurs !

Père Denis TOSSER

Evangile du jour : Matthieu 9, 9-13

19:15 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note