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LE « DIRE » ET LE « FAIRE »

          A lire rapidement l’Evangile de ce dimanche on pourrait penser que le Royaume des cieux, le salut, la vie définitive en Dieu, se conquièrent à la force du poignet. En bénéficieront ceux qui « font », pas ceux qui « disent ». Jésus ne dit pas tout à fait cela. Il affirme : « Il ne suffit pas de me dire : ‘Seigneur, Seigneur’… » Au fond Jésus n’interdit pas de « dire », il invite à aller plus loin et à prendre conscience de toute la dimension de cet appel : « Seigneur, Seigneur… » Se tourner vers Jésus et reconnaître qu’il est Seigneur est une belle profession de foi.
          La foi, c’est accepter d’être appelé par Dieu tel que je suis, avec mes infirmités de toutes sortes et mon indignité, c’est appuyer sur la fidélité de Dieu ma faiblesse à être fidèle à cet appel initial, c’est accepter d’être sauvé par Dieu en Jésus qui, dans l’accomplissement même du salut, est manifesté comme Seigneur. C’est accepter d’être ajusté à la volonté « du Père qui est aux cieux » non par son propre choix, ni par sa propre recherche, ni par ses propres forces, mais par la grâce, le don gratuit (pléonasme inévitable pour exprimer le don absolument total, le don au-delà du don, le par-don…) de Jésus le Christ. La foi, c’est ouvrir toute sa vie au Christ Jésus et se laisser transformer par lui.
          Si cet accueil est réel, le fruit en sera l’accomplissement de la volonté du Père. La volonté du Père, ce sont les commandements qu’Il a donnés à Jésus et que celui-ci a gardés fidèlement. A son tour Jésus les confie à ses disciples, à ceux qui croient en lui. Ils se résument en un seul : « Mon commandement, le voici : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 15,12). J’entends « les uns les autres » pas seulement « entre disciples » mais « entre frères de toute l’humanité »…
          C’est dans ce dynamisme de Dieu qui, en Jésus, prend l’initiative de venir jusqu’à nous qu’il faut comprendre l’expression « tout homme qui ECOUTE ce que je vous dis là et le MET EN PRATIQUE… » Il ne faudrait jamais séparer l’ « écoute » et la « mise en pratique » qui sont l’ensemble d’une seule et même démarche. Ecouter, c’est faire un effort de volonté, tendre l’oreille, mais aussi entendre, laisser les mots pénétrer jusqu’au cœur de façon à le transformer pour aboutir au faire. En Jésus, qui passe de longues nuits en prière avant d’agir, il n’y a pas de séparation entre l’écoute du Père et les actes. C’est pourquoi il peut nous dire que celui qui fait ainsi l’unité de son existence a la vie et que celui qui la sépare court à la ruine.

 
Père Philippe MAIRE         


Evangile du jour : Matthieu 7, 21-27

19:10 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note