« feuille paroissiale du 23 mars 2008 | Page d'accueil | Feuille paroissiale du 13 avril 2008 »

Le Berger et la Porte

          Souvenez-vous : avant Pâques, le 4ème dimanche de Carême, Jésus avait guéri un aveugle-né et celui-ci, parce qu’il avait témoigné en sa faveur, avait été chassé par les Pharisiens, eux qui se prétendaient des maîtres spirituels, habilités à guider le peuple. Immédiatement après l’évangéliste Jean nous rapporte deux petites histoires racontées par Jésus à leur adresse, où il se met en scène, sous les images du vrai berger et de la porte de la bergerie, pour leur faire comprendre la véritable attitude de celui qui a mission d’être « responsable » comme nous dirions aujourd’hui.

         Le vrai berger a charge de guider les brebis vers Dieu, les accueillant toutes, comme elles sont, sans en rejeter aucune. Il est attentif à chacune, l’appelant par son nom, et chacune reconnaît la voix de cet appel, une voix unique entre toutes, parce que c’est la voix de l’amour. « Je t’ai appelé par ton nom, tu as du prix à mes yeux. » (Isaïe 43,1-4) – « Il m’a aimé et s’est livré pour moi. » (St Paul, Gal 2,20) – « Jésus ressuscité lui dit ‘Marie’ ! Marie-Madeleine se tourne et lui dit ‘Maître’ » (Jn 20,16).

          Jésus se compare ensuite à la porte des brebis. Il est l’ouverture, le passage qui donne accès à l’autre côté, à l’au-delà de ce qui fait le mur sur lequel viennent buter nos existences, à savoir la mort. Parce qu’il a fait de sa mort, semblable à la nôtre, le don total de lui-même au Père, le témoignage du plus grand amour, le témoignage de ce qui est sa vie même, cette mort a été vaincue, et faisant corps avec nous par son incarnation, il nous a entraînés dans cette victoire. « Si quelqu’un entre en passant par moi il sera sauvé » (Jn 10,9).

          Tous les hommes sont appelés à entrer dans la bergerie dont le Seigneur est le pasteur. L’Eglise, peuple de ceux qui ont déjà répondu, est dans le monde le signe de cet appel universel. En elle, dans sa structure, à travers ceux qui sont choisis pour le ministère ordonné, évêques, prêtres et diacres, est signifié que c’est bien le Christ qui en est le pasteur. A l’exemple du Christ, au nom du Christ, « dans la personne » du Christ, ces ministres ordonnés sont chargés d’appeler vers Dieu leurs frères humains, de leur ouvrir la porte qui mène à la vie et de leur en montrer le chemin. Autrement dit ils ont mission d’enseigner, de sanctifier et de gouverner. Ce service (ministère) vaut largement la peine et la joie de ceux qui s’y engagent. Aujourd’hui, en ce dimanche du Bon Pasteur, nous prions, avec la confiance d’être exaucés, pour qu’ils ne manquent jamais.

                    Père Philippe MAIRE                    


Evangile du jour : Jean 10, 10

15:16 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note