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VEILLANT DANS LA FOI

 Aujourd’hui nous entrons dans le temps de l’Avent. Pour la plupart d’entre nous et pour la majorité de nos contemporains c’est le commencement (si l’on peut dire, car le commerçants n’ont pas attendu cette date) de la marche vers Noël. Mais ce premier dimanche n’est pas tellement préoccupé par la proximité de la fête. Il nous fait d’abord opérer un immense zoom-arrière pour que nous prenions bien conscience de quel ensemble celle-ci fait partie et, en conséquence, de son sens et de sa signification.
          D’entrée de jeu la liturgie de la Parole, avec la première lecture du livre d’Isaïe, brosse le tableau de la situation vers laquelle l’histoire humaine est en route. Non pas qu’Isaïe soit un devin de l’état du monde à la fin des temps mais l’Eglise, faisant monter son action de grâce vers le Père en disant « … Il (le Christ) viendra de nouveau, revêtu de sa gloire, afin que nous possédions dans la pleine lumière les biens que tu nous as promis et que nous attendons en veillant dans la foi » (1ère préface de l'Avent) a trouvé dans les paroles du prophète, certes historiquement situées, les mots dont elle avait besoin pour exprimer son espérance. Le « jour » de la réalisation de cette espérance, le Jour du Seigneur, « toutes les nations afflueront vers la montagne du temple du Seigneur ». Tel est l’horizon – j’aurais presque envie de dire le cap – que Dieu a fixé depuis la Création en passant par l’Incarnation (Noël), la Rédemption (le Vendredi Saint), la Résurrection (le matin de Pâques),  l’envoi en mission (la Pentecôte).
          Tous ces moments, chacun selon sa spécificité, ont été des « Jours du Seigneur ». Fortifiés et encouragés par ceux-ci nous sommes invités aujourd’hui à nous rendre capables de discerner et d’accueillir l’ultime « Jour du Seigneur ». Par notre vigilance, par notre attente, par notre constance à nous tenir prêts, dans la banalité de l’existence quotidienne, vivre, manger, boire, se marier… (Evangile). En « revêtant le Seigneur Jésus Christ », en nous laissant imprégner par lui (St Paul aux Romains).
          Très certainement… nous ne verrons pas ce jour de nos yeux de chair. Comme ne l’ont pas vu les croyants et les saints qui nous ont précédés. Cependant leur attention, leur disponibilité, leur vigilance, malgré les turpitudes, les turbulences et les vicissitudes de l’histoire, ont maintenu le monde en éveil pour qu’il ne sombre jamais complètement. Etre de cette façon des veilleurs, n’est-ce pas la vocation qui nous est rappelée ce dimanche ?
Père Philippe MAIRE          


Evangile du jour : Matthieu 24, 37-44