« Vivent les riches ! | Page d'accueil | Feuille paroissiale du 30 septembre 2007 »
"Devenons pauvres pour être riches avec le Christ"
Saint Luc a nourri la liturgie, durant tout le mois de septembre, en nous donnant à méditer sur le "couple" richesse-pauvreté, et nous voici ce jour, après examen des diverses situations humaines au moment où elles n'ont plus cours : L'éternité est atteinte, nous passons de ce monde à l'autre.
Aux riches de l'époque d'Amos qui se vautrent, correspond, dans l'Evangile, le riche qui festoie. A la nation humiliée qui va disparaître, répond le pauvre Lazare assis à même le sol. Le général devient particulier : chaque homme peut se retrouver dans ces situations d'aveuglement et de détresse.
L'évangéliste nous relate la parabole de Jésus dans le contexte biblique du temps et non d'après la réflexion théologique ultérieure ; elle ne nous parle ni de ciel, ni d'enfer, ni de jugement de Dieu. Elle ne porte pas de jugement moral sociologique sur les situations matérielles des personnes, (en laissant entendre que les riches seraient perdus et les pauvres sauvés)... Nous sommes bien loin de la lutte des classes !
Le riche de la parabole est banalement et anonymement enterré alors que le pauvre, qui a un nom, est emporté (comme dans une assomption) par les anges auprès d'Abraham. Celui-ci ne dit rien alors que celui-là entre dans un dialogue ; il ne semble pas se repentir, ni manifester quelque regret. Il n'appelle pas la pitié ni ne réclame de pardon. Il se plaint juste de sa situation et voudrait que, par intervention d'en-Haut, soient prévenus ceux qui sont restés en bas. Mais le temps de la conversion est celui de la vie terrestre, si bien que notre riche est moins puni de son égoïsme que condamné par lui-même au non-amour. Cette absence d'amour dont il avait imposé la dureté à Lazare de son vivant.
La fournaise environnante qui est une absence de bien-être pourrait bien être l'état dans lequel il vivait sans en avoir conscience ; privé des biens qui le rendaient aveugle il quémande de l'eau fraîche vivifiante dont il n'avait pas besoin jadis.
Puissions-nous devenir pauvres à la suite du Christ, de la paille de Bethléem à la croix de Jérusalem, pour pouvoir être enrichis de sa parole qui comble notre faim et étanche notre soif. Relativisons les biens qui sont à notre disposition, que nous ne passions pas notre vie à protéger ce que nous possédons déjà et que notre énergie ne soit pas dépensée à acquérir ce que nous n'avons pas encore...
Père Jean-Charles BARBOURE
Evangile du jour : Luc 16, 19-31
19:00 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


