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L'amour n'attend pas de récompense.

Voilà un texte qui veut recenser les catégories de populations que nous ne sommes pas enclins à fréquenter ni à aimer : méchants, voleurs, violents, menteurs, voire les tapeurs, qui tous, tombent sous le coup de la loi qui fort heureusement a prévu des sentences adéquates. Il nous est dit dans un autre passage d'Evangile qu'un jour la famille de Jésus le fait rechercher sous prétexte qu'il avait perdu la tête tant il disait des choses singulières.

Qui, lorsqu'il a reçu un coup sur la tête, en demande un second ? Qui, s'étant fait voler sa voiture, va courir après le voleur pour lui faire remarquer qu'il a oublié la télé ? Faut-il remercier le pervers qui me porte tort ? Suis-je fier d'être traité de nul et de lâche ? Nous sommes sur la terre et pas au ciel, nous sommes des hommes et pas Dieu, et le meilleur des mortels régugne à une telle anarchie.

Cependant, passé le premier moment d'effroi, si nous poursuivons la lecture, nous lisons qu'il faut faire du bien sans attendre de retour, qu'il faut donner sans compter. Bien entendu, il ne s'agit pas d'une idéalisation morale rêveuse, mais, au nom de la justice,  d'être appelés à réaliser ce que l'époque, le lieu, l'âge, la santé, l'aptitude permettent de faire. Sachons être inventif en face des situations, retenant de l'Ecriture non pas la lettre telle quelle, mais l'esprit.

Nous avons partout autour de nous l'immigré, le chômeur, le sans-logis, le mal nourri, l'abandonné, toutes sortes de naufragés de la vie. Il est toujours possible de faire un quelque chose dans l'ordre de l'humanitaire.Mieux encore en nous répétant, si nous sommes croyants, que c'est le Christ qui a froid, qui a soif, qui a faim, qui couche dehors, qui n'a pas de travail, qui est malade.

Sur notre paroisse, la famille de St Vincent de Paul, bien implantée en plusieurs groupes, se donne généreusement tout au long de l'année à cette cause de l'autre. Sans rien attendre en retour que la joie d'avoir pu faire un peu de bien à l'autre, rencontré comme personne, même défigurée par ses blessures.

Osons la folie d'un tel amour, qu'osa David dans la première lecture, lorsqu'il reconnut Dieu dans la personne de son ennemi. Puisque tous nos pauvres et petits ne sont pas nos ennemis, devenons leurs amis pour qu'ils redeviennent amis avec la vie.    
    

Père Jean-Charles Barboure

 

Evangile du jour : Luc 6, 27-38 

19:30 Ecrit par St Pierre de Montrouge dans Edito | Lien permanent | Envoyer cette note